Licenciement et allocations chômage : quels sont vos droits ?

Le 30 octobre 2024
Licenciement et allocations chômage : quels sont vos droits ?

Perdre son emploi suite à un licenciement est une épreuve difficile à traverser. Au-delà du choc émotionnel, cette situation soulève de nombreuses questions sur vos droits, notamment en matière d'allocations chômage. Quelles sont les conséquences d'un licenciement sur votre indemnisation par Pôle emploi ? Maître Gwendoline Lefort, avocate en droit social à Saint-Sébastien-sur-Loire près de Nantes et Vertou, vous éclaire sur ce sujet complexe.

Les différents types de licenciement pour faute

Tous les licenciements pour faute n'ont pas le même impact sur vos droits. En cas de faute simple, comme des erreurs répétées dans votre travail, vous conservez le droit à un préavis et à une indemnité de licenciement. La situation est différente pour une faute grave, caractérisée par des agissements rendant impossible votre maintien dans l'entreprise, comme une ivresse sur le lieu de travail, des absences injustifiées ou un refus d'exécuter une tâche. Dans ce cas, vous perdez le bénéfice du préavis et de l'indemnité de licenciement.

Le cas le plus sévère est celui de la faute lourde, qui implique une intention de nuire à l'employeur, par exemple via des dégradations volontaires ou des violences. Non seulement vous ne percevrez ni préavis ni indemnité, mais votre ex-employeur peut en plus vous réclamer des dommages-intérêts.

Exemple : Emilie, vendeuse dans un magasin, a été licenciée pour faute grave après avoir été surprise en train de voler dans la caisse. Elle perd alors son droit au préavis de 2 mois et à l'indemnité de licenciement de 1500€ prévue par sa convention collective.

A noter : En 2022, environ 25% des licenciements étaient des licenciements pour faute (simple, grave ou lourde). Les 75% restants étaient des licenciements sans faute (motif personnel ou économique).

L'impact d'un licenciement pour faute grave sur vos allocations chômage

Rassurez-vous : même en cas de faute grave, vous restez éligible aux allocations chômage si vous remplissez les conditions d'affiliation. Il faut avoir travaillé au moins 6 mois au cours des 24 derniers mois (ou 36 mois pour les plus de 53 ans), être inscrit à France Travail et rechercher activement un emploi. Le montant de vos allocations sera calculé selon les mêmes modalités que pour les autres types de licenciement.

Les démarches à effectuer après un licenciement pour faute grave

Malgré les circonstances difficiles, il est crucial d'agir rapidement pour préserver vos droits. Votre priorité sera de vous inscrire à France Travail dès la fin de votre contrat de travail. N'oubliez pas d'actualiser votre situation chaque mois pour déclencher le paiement de vos allocations. Parallèlement, engagez une recherche active d'emploi pour éviter une radiation et la suppression de vos droits.

Si vous contestez la qualification de faute grave, vous pouvez saisir les Prud'hommes dans les 12 mois suivant votre licenciement. En cas de succès, vous pourriez obtenir des indemnités  pour licenciement abusif.

Exemple : Marc, maçon, a été licencié pour faute grave car son employeur l'accusait d'avoir insulté un client. N'étant pas d'accord, Marc a saisi les Prud'hommes. Le conseil a requalifié le licenciement en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Marc a alors obtenu 10 000€ d'indemnités, en plus de ses allocations chômage.

Conseil : Même si votre employeur vous licencie pour faute grave, restez poli et courtois. Votre comportement pourra jouer en votre faveur en cas de contentieux.

En résumé, un licenciement pour faute grave n'impacte vos droits au chômage et ne vous prive pas du versement des allocations. Réactivité et accompagnement sont les maîtres-mots pour défendre au mieux vos intérêts dans cette épreuve. N'hésitez pas à solliciter l'aide d'un avocat pour faire valoir vos droits.

  • Conservez tous les documents relatifs à votre licenciement (lettre de licenciement, solde de tout compte, certificat de travail). Ils vous seront utiles pour faire valoir vos droits.
  • France Travail peut vous proposer un accompagnement personnalisé ou des formations pour vous aider dans vos recherches.
  • Comme tout demandeur d'emploi, vous pouvez cumuler votre allocation avec des revenus d'activité dans certaines limites.

Chez Lex Artis, Maître Gwendoline Lefort met son expertise en droit social au service des salariés de la région nantaise. Que vous soyez confronté à un licenciement abusif, une sanction injuste ou des problématiques liées à la sécurité sociale, son cabinet vous apportera un accompagnement personnalisé et une défense rigoureuse de vos droits. Avocate engagée depuis plus de 10 ans, Maître Lefort place l'écoute et la défense de vos intérêts au cœur de son action.